Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 10 juillet 2026 afin d'intégrer la mise à jour officielle des Pays-Bas de juillet 2026 sur la mise en œuvre du paquet ViDA.
Le ministère néerlandais des Finances a publié une réponse à un rapport d'EY sur la mise en œuvre du volet facturation électronique et reporting numérique lié à ViDA, donnant une orientation plus claire sur les futures obligations nationales. EY a comparé les obligations de facturation électronique et de e-reporting de différents pays de l'UE tels que l'Allemagne, la France, la Belgique, l'Irlande, l'Italie et le Royaume-Uni. Le rapport détaille les coûts et avantages associés à la mise en œuvre de la facturation électronique et du reporting numérique.
La recommandation est de mettre en place une introduction progressive de la facturation électronique et du e-reporting obligatoires pour toutes les transactions B2B. Cette approche conseille d'adopter Peppol comme plateforme unique pour la facturation électronique et le reporting numérique, sous réserve du respect de certaines conditions. Le modèle s'alignerait probablement de près sur l'approche basée sur Peppol adoptée par la Belgique. Bien que la détection de la fraude ne soit pas le moteur principal, les autorités considèrent cette réforme comme un moyen de rationaliser les processus AP/AR et de réduire les efforts administratifs et d'audit.
ViDA
Le ministère néerlandais des Finances suit la directive ViDA de l'UE. La législation ViDA vise à améliorer le recouvrement de l'impôt, à lutter contre la fraude et à rationaliser la conformité à la TVA pour les entreprises et les administrations fiscales grâce à l'utilisation stratégique de la technologie. Chaque facture électronique doit être conforme au format EN16931. L'option ViDA-B est recommandée dans le rapport d'EY. Cette option s'aligne sur les autres États membres de l'UE et permet la création d'une norme unique. De manière essentielle, ViDA-B rend obligatoire l'utilisation de la facturation électronique et inclut une exigence de déclaration pour toutes les prestations B2B domestiques.
Peppol comme plateforme unique
Le ministère néerlandais des Finances a sélectionné Peppol comme plateforme à la fois pour la facturation électronique et le reporting numérique, bien que cela reste soumis à des conditions spécifiques. Peppol, qui offre évolutivité et interopérabilité grâce à ses multiples points d'accès, est déjà obligatoire pour la facturation Business-to-Government (B2G) aux Pays-Bas. De plus, l'infrastructure nécessaire est déjà en place avec l'existence de la Dutch Peppol Authority, une organisation gouvernementale dédiée à la plateforme. Le modèle à quatre coins serait utilisé.
Feuille de route législative
Les Pays-Bas ont établi une trajectoire législative claire. Suite à la soumission du « Mémorandum en réponse au rapport sur la loi mettant en œuvre la directive TVA à l'ère numérique – enregistrement unique à la TVA » (Nota naar aanleiding van het verslag Wet implementatie Richtlijn btw in het digitale tijdperk-enkele btw-registratie) et du « Exposé des motifs du projet de loi modifiant la loi mettant en œuvre la directive TVA à l'ère numérique – enregistrement unique à la TVA » (Nota van Wijziging Wet implementatie Richtlijn btw in het digitale tijdperk - enkele btw-registratie) le 2 juillet 2026, le gouvernement a annoncé une consultation internet pour le projet de loi sur la facturation électronique transfrontalière et le reporting numérique pour l'automne 2026, le projet de loi officiel étant attendu pour l'été 2027.
Dans la même mise à jour parlementaire, le gouvernement a inclus des clarifications techniques concernant les règles néerlandaises d'autoliquidation de la TVA, garantissant spécifiquement que l'article 12(4) Wet OB 1968 l'emporte sur l'article 12(3). Ce niveau de détail suggère que le ministère aborde de manière proactive les conflits législatifs potentiels dès la phase de rédaction.
Une mise en œuvre progressive
Concernant la mise en œuvre effective, qui suivrait une approche progressive afin d'éviter une transition soudaine, la mise à jour parlementaire de juillet 2026 a confirmé que la date d'entrée en vigueur à l'échelle de l'UE pour la facturation électronique B2B transfrontalière et le reporting numérique reste fixée au 1er juillet 2030. Cependant, les dates de déploiement national sont encore en phase de planification. Les scénarios actuels circulant pour les obligations de facturation électronique B2B domestique (incluant des objectifs pour 2030 et 2032) doivent être considérés comme des scénarios de feuille de route plutôt que comme des lois définies, dans l'attente de nouvelles mesures législatives.
Pour clarifier, les dates suivantes circulent actuellement en tant que scénarios de planification plutôt que comme des lois définies :
1er janvier 2030 : Introduction attendue de la facturation électronique pour les prestations domestiques (exclusivement pour les entreprises établies).
1er juillet 2030 : Introduction de la facturation électronique et du reporting numérique pour les opérations intracommunautaires et certaines opérations soumises à l'autoliquidation.
Entre le 1er janvier et le 1er octobre 2032 : Introduction attendue d'une obligation de reporting numérique pour les prestations domestiques.
Contexte comparatif régional : Pays-Bas vs Belgique
L'approche néerlandaise de ViDA se caractérise par une feuille de route structurée et guidée par la concertation. Cela contraste avec des marchés voisins comme la Belgique, qui a déjà entamé la transposition officielle : Depuis mai 2026, le Conseil des ministres belge a officiellement commencé à transposer les articles 2 et 4 de la directive (UE) 2025/516 dans le droit national.
Alors que les Pays-Bas se concentrent sur le recueil des retours du secteur via de prochaines consultations fin 2026, la Belgique fait déjà évoluer les règles relatives à l'OSS et aux plateformes/fournisseurs présumés (en vigueur en janvier 2027). Cela indique un paysage de conformité échelonné : les entités néerlandaises disposent d'un délai défini pour la consultation et la stratégie, tandis que les entités opérant en Belgique doivent déjà tenir compte d'une loi nationale imminente et contraignante sur le plan technique.
Cela met en évidence une distinction claire : alors que la Belgique passe déjà de la directive au droit national, les Pays-Bas offrent aux acteurs du secteur une période dédiée à la consultation et à la contribution avant que la législation finale ne soit arrêtée.
Perspectives d'avenir
Les entreprises devront émettre des factures électroniques dans un délai de 10 jours, respecter la norme EN16931 et soumettre les données de transaction par voie numérique en temps quasi réel. Il est crucial pour les entreprises d'évaluer rapidement l'impact sur leurs processus actuels, de sélectionner les solutions de facturation électronique appropriées et de consulter des conseillers au plus tôt afin de garantir la conformité réglementaire et de tirer parti d'éventuels gains d'efficacité. Le ministère néerlandais des Finances suit également le développement du portefeuille européen d'identité numérique pour les entreprises (European Business wallet) qui pourrait être utilisé pour faciliter la facturation électronique.
Conclusion
L'avenir des entreprises néerlandaises est clair : la facturation électronique n'est plus une simple mise à niveau numérique « appréciable ». Elle devient rapidement la pierre d'angle du cadre fiscal moderne. Avec le calendrier législatif néerlandais désormais clarifié — incluant une consultation internet à l'automne 2026 et un projet de loi prévu à l'été 2027 —, les entreprises disposent d'un délai défini pour évaluer leurs systèmes.
Contrairement à la transposition rapide observée sur des marchés comme la Belgique, l'approche néerlandaise offre une période spécifique pour l'engagement du secteur. La priorité pour les entreprises n'est plus à la préparation théorique, mais à l'alignement de leurs stratégies financières sur ces prochaines étapes clés.
Restez en avance sur les obligations mondiales de facturation électronique grâce à notre newsletter mensuelle gratuite, livrée directement dans votre boîte de réception avec les dernières mises à jour réglementaires dans plus de 50 juridictions. Suivez-nous sur LinkedIn pour des informations quotidiennes sur la conformité et des analyses d'experts.
Auteur : Naomie Shen
:quality(80))