Rapport sur l’écart de TVA dans l’UE 2025 : mises à jour et conclusions clés

Cet article a été mis à jour pour tenir compte du rapport sur l’écart de TVA (édition 2025) de la Commission européenne, qui fournit l’analyse la plus récente de la différence entre la TVA légalement due et la TVA effectivement collectée pour l’année 2023. Le rapport introduit également, pour la première fois, une évaluation de l’écart de politique de TVA, c’est-à-dire les recettes non perçues en raison des taux réduits et des exonérations, offrant ainsi une compréhension plus complète des pertes totales de TVA dans les États membres de l’UE.
Qu’est-ce que l’écart de TVA ?
L’écart de TVA est la différence entre la TVA déclarée et la TVA perçue. Cette différence est causée par un certain nombre de facteurs – le principal étant la fraude fiscale. Des factures frauduleuses sont soumises à l’administration fiscale afin de réclamer une TVA qui n’existe pas.
Les estimations de l’écart de TVA sont essentielles pour révéler l’ampleur et la nature des pertes de recettes de TVA dues au non-respect des obligations et à la conception des règles. Elles offrent des informations précieuses pour des décisions politiques éclairées et des améliorations de l’administration fiscale, en mettant en lumière des stratégies visant à accroître l’efficacité de la collecte de la TVA.
L’écart de TVA existe partout dans le monde et constitue actuellement un problème pour de nombreux États membres européens qui ont des écarts de TVA se chiffrant en millions, et dans certains cas en milliards, d’euros.
Toute perte de TVA a un impact important sur les budgets nationaux. En 2021, la contribution de la TVA représentait environ 27 % du total des recettes fiscales annuelles de l’administration publique générale dans l’UE.². Les pays et leurs autorités fiscales ne peuvent pas planifier leurs dépenses en services publics si la TVA qu’ils attendent ne correspond pas à la TVA qu’ils perçoivent.
C’est pourquoi de nombreux pays consacrent beaucoup de temps et d’efforts pour s’assurer qu’ils comblent leur écart de TVA.
Dans les éditions les plus récentes de l’analyse de l’écart de TVA de la Commission européenne, le concept d’écart de TVA a été davantage affiné en distinguant clairement deux composantes.
L’écart de conformité en matière de TVA fait référence aux pertes de recettes résultant du non-respect des règles de TVA, y compris la fraude, l’évasion, l’insolvabilité et les erreurs administratives.
Parallèlement, la Commission estime désormais également l’écart de politique en matière de TVA, qui mesure les recettes perdues du fait de choix politiques tels que les taux de TVA réduits, les exonérations et les régimes spéciaux, par rapport à un système de TVA « idéal » hypothétique appliquant un taux uniforme sans exonérations.
Cette distinction permet de séparer les pertes de recettes liées aux problèmes d’application et de conformité de celles résultant de la conception délibérée de la politique fiscale.
Historique du rapport sur l’écart de TVA dans l’UE
Chaque rapport analyse l’écart de TVA en utilisant des données datant de deux ans avant sa publication, car les données nécessaires à un rapport complet sur l’année précédente ne sont pas disponibles au moment où le rapport est publié.
Par conséquent, le premier rapport, publié en 2009, a examiné l’écart de TVA dans 25 États membres de l’UE pour l’année 2007. Le rapport suivant a été publié en 2014, puis chaque année depuis.
Le rapport fournit une ventilation du déficit de TVA de chaque État membre, à la fois en termes monétaires et en pourcentage de TVA perdue par rapport au total de la TVA déclarée par l’État membre. Ces deux séries de chiffres sont cruciales : la valeur monétaire révèle le montant réel de TVA perdu, ce qui est essentiel pour les chiffres globaux de l’UE. Tandis que le pourcentage illustre la représentation proportionnelle, pour chaque pays, du montant de TVA qu’il s’attend à recevoir.
Principales conclusions du rapport sur l’écart de TVA 2025 (données pour 2023)
Selon le rapport sur l’écart de TVA 2025 de la Commission européenne, l’écart estimé de conformité à la TVA dans l’Union européenne pour l’année 2023 s’élevait à environ 128 milliards d’euros, correspondant à environ 9,5 % du total des obligations en matière de TVA.
Ce graphique représente la différence entre la TVA qui aurait dû être collectée en cas de conformité totale et la TVA effectivement perçue par les autorités fiscales dans l’ensemble de l’UE.
Le rapport souligne qu’après plusieurs années de réduction des écarts de TVA, les estimations de 2023 indiquent une inversion de la tendance à la baisse observée pendant la période de pandémie, reflétant le retour de difficultés en matière de respect des obligations et d’application des règles dans un environnement économique en mutation.
Quels pays ont apporté des changements notables ?
Le rapport sur l’écart de TVA 2025 révèle des différences significatives dans les niveaux de conformité à la TVA entre les États membres de l’UE en 2023, mettant en évidence à la fois les défis persistants et les acteurs performants.
La Roumanie a enregistré l’écart de conformité à la TVA le plus élevé en termes relatifs, avec une estimation de 30,0% de la responsabilité en matière de TVA non perçue. Malte suit avec écart de conformité d'environ 24,2% indiquant des défis structurels et administratifs persistants.
Plusieurs États membres ont signalé des lacunes en matière de conformité supérieures à la moyenne de l’UE, y compris la Pologne, où le déficit de conformité en matière de TVA était estimé à environ 16,0% de la dette totale de TVA.
En revanche, un groupe de pays a atteint des écarts de conformité à la TVA particulièrement faibles en 2023. L'Autriche a enregistré l'écart estimé le plus bas à environ 1,0%, suivie de la Finlande avec environ 3,0%, reflétant des niveaux élevés de conformité et une administration fiscale efficace.
Ces résultats soulignent la répartition inégale des performances en matière de conformité à la TVA dans l’UE et démontrent que, tandis que certains États membres maintiennent une très grande efficacité de collecte, d’autres continuent de faire face à d’importants défis pour résorber leurs écarts de conformité à la TVA.
Comprendre l’écart de politique en matière de TVA
En plus de l'écart de conformité en matière de TVA, la Commission européenne analyse désormais également l'écart de politique en matière de TVA, qui saisit l'impact des choix de politique fiscale sur les recettes potentielles de TVA.
L’écart de politique de TVA mesure la différence entre la TVA qui serait perçue dans le cadre d’un système de TVA « idéal » hypothétique, appliquant un taux uniforme à toute la consommation finale sans exemption, et la TVA qui est effectivement censée être perçue selon les règles de TVA actuellement en vigueur.
Selon le Rapport sur l’écart de TVA 2025, l’écart de politique en matière de TVA dans l’Union européenne était estimé à 50,5 % en 2023. Cela indique que plus de la moitié des recettes potentielles de TVA sont perdues en raison de taux réduits, d’exemptions et d’autres dérogations liées aux politiques par rapport au système de TVA idéal.
Contrairement à l’écart de conformité en matière de TVA, l’écart de politique ne reflète pas la fraude ni les défaillances de l’application de la loi, mais plutôt l’impact sur les recettes des décisions législatives et politiques délibérées prises par les gouvernements.
Extension de l’analyse de l’écart de TVA aux pays candidats à l’UE
Pour la première fois, l’analyse de l’écart de TVA de la Commission européenne a été étendue au-delà des États membres de l’UE pour inclure certains pays candidats et candidats potentiels à l’UE. Cette extension méthodologique vise à offrir une perspective comparative plus large sur les niveaux de conformité en matière de TVA et l’efficacité administrative.
Selon les estimations du rapport de 2025 pour 2023, le déficit de conformité à la TVA a été évalué à environ 5,4 % en Géorgie, 8,1 % au Kosovo et 24,6 % en Albanie.
Bien que ces chiffres ne soient pas directement comparables à ceux des États membres de l’UE en raison des différences entre les systèmes fiscaux et de la disponibilité des données, leur inclusion constitue une étape importante vers une plus grande transparence et une meilleure harmonisation de la mesure de l’écart de TVA à travers l’Europe.
Que font les États membres pour réduire leur écart de TVA ?
Parallèlement à différents incitants fiscaux (c’est‑à‑dire des taux d’imposition réduits), de nombreux pays ont soit lancé, soit sont en train de lancer, la facturation électronique obligatoire ou le rapportage électronique obligatoire. La facturation électronique obligatoire ou le rapportage électronique obligatoire peuvent aider à réduire l’écart de TVA lorsqu’ils sont guidés par les bonnes procédures.
Facturation électronique
Tout d’abord, une facture électronique créée dans un format électronique structuré réduit les erreurs et les incohérences que les factures papier peuvent présenter.
Une facturation précise est essentielle pour garantir des calculs de TVA exacts. La mise en œuvre du e-reporting permet aux autorités fiscales d’évaluer plus précisément les informations relatives à la TVA, de suivre la performance et les tendances économiques, et d’identifier rapidement les écarts, les erreurs et les fraudes. Bien que l’exigence de e-reporting soit souvent associée à une obligation de facturation électronique, elle peut également fonctionner de manière indépendante.
La Roumanie, bien qu’elle partage des similitudes avec d’autres États membres en ce qui concerne la situation macroéconomique et d’autres mesures fiscales, n’a pas eu d’impact notable sur l’évolution de l’écart de conformité en matière de TVA. Jusqu’en 2022, les redevables de la TVA en Roumanie n’étaient pas tenus de déclarer les données transactionnelles, contrairement à la Lettonie, à la Hongrie, à la Pologne et à la Slovaquie. Cette absence a probablement eu un effet négatif sur l’efficacité du contrôle fiscal. En outre, le pays déploie une obligation de grande ampleur en matière de e-reporting et de facturation électronique à compter du 1er janvier 2024.
Plateformes gouvernementales
Deuxièmement, de nombreuses autorités fiscales ont introduit une plateforme gouvernementale dans le cadre de leurs réglementations sur la facturation électronique. La plateforme de chaque pays et le modèle de régulation fonctionne différemment, mais, essentiellement, leur objectif principal reste le même : empêcher la circulation de factures fausses ou frauduleuses.
Certains pays, comme la Turquie et l’Italie, exigent que la facture soit validée par la plateforme gouvernementale avant d’atteindre le destinataire. Alors que certains pays, comme la France dans un avenir proche, exigent du prestataire de services de facturation électronique qu’il « alimente » directement la plateforme de l’administration fiscale avec les informations de la facture au nom du client.
Quel que soit le modèle adopté par un pays, tous les modèles œuvrent pour l’objectif commun de réduire la fraude à la TVA et les demandes de remboursement de TVA illégitimes – contribuant ainsi à combler l’écart de TVA.
Informations supplémentaires tirées du rapport « Mind the Gap 2025 »
Outre des mesures telles que la facturation électronique et le e-reporting obligatoires, le rapport Mind the Gap 2025 présente plusieurs actions recommandées pour réduire les écarts fiscaux dans l’ensemble des États membres de l’UE :
« Renforcer les capacités d’estimation : consolider les administrations fiscales avec des équipes compétentes et des systèmes de données robustes afin de permettre des estimations régulières des écarts fiscaux pour l’ensemble des types d’impôts. »
« Examiner les choix de politique passés : suivre, évaluer et rendre compte des écarts induits par la politique fiscale, tels que les allégements ou concessions fiscaux, afin de s’assurer qu’ils remplissent leur objectif et offrent un bon rapport qualité-prix. »
« Rapport et évaluation systématiques : mettre en œuvre des rapports réguliers sur l’écart fiscal afin de renforcer la confiance du public et de guider des stratégies ciblées. »
« Adopter des cadres communs : harmoniser les méthodologies d’estimation du déficit fiscal entre les États membres afin de garantir la cohérence et la comparabilité au sein de l’UE. »
« Investir dans le recouvrement et la perception des impôts : automatiser, numériser et intégrer les systèmes informatiques ; se connecter avec les autres parties prenantes pour améliorer la perception des impôts et le recouvrement des impôts en souffrance, y compris les dettes contestées. »
« Tirer parti de la numérisation et de la coopération : accélérer la numérisation (par exemple, l’IA) et la coopération internationale (par exemple, DAC 1–9) afin de renforcer la conformité. Des réformes telles que la TVA à l’ère du numérique (ViDA) soutiennent la facturation électronique, le reporting en temps réel et le rapprochement des données transfrontalières. »
Ces actions axées sur les politiques complètent les efforts de numérisation tels que la facturation électronique obligatoire, contribuant à réduire à la fois l’écart de conformité et, indirectement, l’écart de politique, et soutenant une collecte de TVA plus efficace dans l’ensemble de l’UE.
Quels pays ont déjà introduit la facturation électronique obligatoire ?
De nombreux pays à travers le monde, du Mexique à l’Australie en passant par le Japon et la Serbie, ont déjà mis en place des processus de facturation électronique obligatoires.
De plus en plus de pays européens annoncent leurs intentions en matière de facturation électronique – la facturation électronique B2G devient la norme et la facturation électronique B2B se profile à l’horizon.
L’Italie et la Serbie disposent déjà de réglementations B2B. En 2024, la Roumanie, la Pologne et l’Espagne commenceront à appliquer leurs mandats B2B. La tendance se poursuivra en Lettonie, en Allemagne, en France et en Belgique, qui ont toutes déjà annoncé des intentions similaires.
Rester à jour
Se tenir à jour concernant l’écart de TVA est un défi, mais rester à jour avec les réglementations obligatoires peut être plus difficile.
Avec le groupe Banqup, vous pouvez avoir l’esprit tranquille en sachant que notre équipe d’experts en facturation électronique et en e-reporting travaille pour vous. Nous mettons régulièrement à jour notre guide de conformité fiscale et de facturation électronique et veillons à ce que nos clients disposent des informations de conformité et des processus les plus récents dont ils ont besoin.
Restez au courant des dernières informations et réglementations en matière de conformité TVA en vous abonnant à notre lettre d’information mensuelle sur la conformité fiscale et en nous suivant sur LinkedIn.
Pour des informations détaillées, le rapport de la Commission européenne sur les écarts en matière de TVA pour 2025 propose une analyse complète des écarts de conformité et de politiques, ainsi qu'une première couverture des pays candidats à l'adhésion à l'UE. Ce rapport inclut des données ventilées par pays, des notes méthodologiques et des recommandations clés pour réduire les écarts de TVA.
Vous pouvez consulter le rapport complet, un résumé et une fiche d'information ici : Rapport "Mind the Gap" 2025



